Il y en moi une volonté de savoir qui prime la volonté d'être heureuse. Je ne pourrais jamais être heureuse en fermant les yeux.
L’horreur de ma vie, c’est la solitude. Parce que je suis une infirme. Je ne puis pas joindre les autres, jamais. De là, ces intoxications par un sentiment, et ces débauches de matière spirituelle.
Ce qui m'est terrible ,ou du moins ,ce qui m'est inacceptable, ce n'est pas mourir. Ce qui est terrible ,c'est de mourir avec l'âme que j'ai eu ces temps-ci , une âme qui n'est que révolte, qu'horreur, que refus, qui ne pardonne pas, qui ne peut pardonner.
Mon corps est trop Ă©troit pour moi, et l'air n'y entre pas assez pour que je parle. L'univers est plein de personnes qui respirent, qui respirent, et qui n'ont rien Ă  dire. Je veux sortir. Je n'aurai pas le temps. Je nage Ă  contretemps. Mais le temps est tari.
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Une jeunesse parisienne


Catherine Pozzi nait le 13 juillet 1882 ,au 10 place Vendôme , dans le milieu bourgeois et aristocratique de Paris. Sa mère tient alors l'un des salons les plus en vu de la capitale. Elle y croise Colette, Sara Bernhardt qui est l'intime du Docteur Pozzi et le jeune Marcel Proust qui s'inspirera de la famille Pozzi et du père, fondateur de la gynécologie moderne , en particulier dans son roman phare" A la recherche du temps perdu".
Catherine à 10 ans commence son journal intime dans une sorte de travail en avance sur son temps psychanalytique et introspectif avec le désir de servir la cause infantile et en particulier de dénoncer la souffrance de l'enfant ,considéré encore ,comme un simple objet futile et frivole.
Catherine découvre la solitude de l'adolescence, solitude qui ne la quittera plus vu son caractère entier et difficile. Elle aura toujours la volonté d’être elle même : cette grande fille laide mais avec une intelligence brillante. Elle éprouve aussi la frustration de ne pouvoir suivre de vraie études, domaine réservée aux hommes. Elle se fera alors un point d'honneur de passer son baccalauréat. Toute sa vie sera une quête de savoir. Elle fréquentera d'ailleurs les plus grands scientifiques de son temps.
Elle sublimera la solitude , cultivant celle ci de manière constructive et studieuse;

Une femme libre



A 26 ans,Catherine épouse Edward Bourdet, un homme qui ne la comprendra jamais et qui a cru l'apprivoiser. En 1909, elle met au monde un petit garçon: Claude.
Après avoir quelques mois fait des efforts jusqu'à s'effacer et à se renier pour faire le bonheur d’ Edward, elle finit par prendre ses distances avec ce mari qui ivre du succès de sa pièce "le Rubicon" relatant leurs déboires conjugaux, la trompe ouvertement.
En 1912, Catherine déjà asthmatique malgré qu'elle soit une grande sportive, elle fait de la voile en Bretagne, du tennis à Biarritz ,apprend qu'elle est atteinte de la tuberculose. En 1913 , elle reprend son journal.
La première guerre mondiale lui ravie de nombreux amis.
En 1918, son père est assassiné par un ancien patient.


Le gai savoir

Catherine sans amis, amant et père se lance dans les études avec passion. Elle étudie l'histoire de la religion , de la philosophie, les mathématiques, les sciences dont la biologie. Elle en fera des articles de vulgarisation dans le Figaro. Elle passe donc le baccalauréat dont elle obtiendra la 2 ieme partie à 37 ans. Elle fait en 1907 un trimestre à Oxford ou elle est autorisée à suivre le second trimestre, mais les suppliques de sa mère la feront rester à Paris. Catherine dans ses recherches philosophiques et biologiques mettra en évidence le caractère héréditaire de l’être humain. Pour elle, nous sommes le maillon choisi de ceux qui nous ont précédés. On retrouve là le destin heideggerien qui est l'héritage librement consenti de nos ancêtres.


Un très haut amour



Catherine Pozzi dessinée par Rainer Maria Rilke


En 1920, Catherine rencontre Paul Valery, celui qui deviendra son "très haut amour", titre qu'elle donnera à un de ses plus beaux poèmes. Très vite un partage intellectuel de chaque instant s'instaure ainsi qu'un amour passionné. C'est cet "absolu" dont rêvait Catherine dés son adolescence. Chacun vit et annote l’œuvre de l'autre, mais Paul Valery est déjà marié et père de famille. Leur relation est bien plus que de l'amour, ils deviennent le double de l'autre.
Elle entretient de nombreuses correspondances dont une avec le poète autrichien :Rainer Maria Rilke.
En 1927, alors que l’asthme et la tuberculose redoublent d'intensité, Catherine publie une nouvelle anonyme : "Agnès" attribuée à tort à Paul Valery.
En 1928 elle rompt avec Paul Valery,épuisée par la semi clandestinité de leur relation.Afin de ne plus pouvoir revenir en arriérè, elle décide de bruler ses vaisseaux , elle finit par tout avouer de cette relation à l'épouse de Paul Valery, ce qui lui ferme immédiatement les salons et la fait à nouveau plonger dans la solitude.


Catherine la périgourdine


Catherine viendra souvent dans les environs de Bergerac dans la propriété de son père, Samuel Pozzi, sénateur de Dordogne, à La Graulet( du coté de Piles) qui lui venait de sa mère Inés Escot-Meslon de petite noblesse du Périgord. Samuel la fera magnifiquement agrandir et aménager. Cette chartreuse abritera un temps les amours de Catherine et de Paul Valery ainsi que les réceptions mondaines avec le professeur Henri Mondor.
Catherine meurt le 3 décembre 1934.
Elle est enterrée au cimetière Beauferier dans le caveau maternel à Bergerac.


Catherine Pozzi vu par Karl Lagerfeld


Catherine Pozzi dans sa jeunesse était considérée comme la femme la mieux habillée de Paris ce qui inspira Karl Lagerfeld


Jean Pozzi(1884-1967), frère de Catherine Pozzi


il fut attaché d'ambassade de 1907 à 1942 dont ministre de France au Caire de 1940 à 1942 l’Égypte se ralliant à cette date au gouvernement de Londres du général De Gaule vu la situation militaire de l’Afrika corps en Afrique du nord.
il fut passionné d'art en particulier de Châteaubriant, sa collection est exposé au musée de Genève.
il fut maire de cours-de-Pile, près de Bergerac. Il repose au lieu dit "la conne" dans une modeste chapelle.



Claude Bourdet(1909-1996), fils de Catherine Pozzi


Claude BOURDET fut ingénieur en physique à l'Ecole Polytechnique de Zürich. Il exerça les métiers de journaliste et écrivain.Il fut mobilisé en 1939 ,lors de la seconde guerre mondiale comme Lieutenant d'Etat-major dans le Jura. Après sa démobilisation en août 1940,il rejoint la résistance sous le nom de LORRAIN, il est recruté par Henri FRENAY et collabore avec Jean MOULIN. Arrêté en mars 1944, il est déporté à Neuegamme en juin 1944, puis à Sachsenhausen en juillet et Buchenwald en février 1945.Il est libéré en avril 1945.


Eduard Bourdet(1887-1945), mari de Catherine Pozzi


Auteur de pièce à succès dans l'entre deux guerres, époux de Catherine Pozzy de 1909 à 1921. il est l'ami de Jean Giraudoux et de Paul Claudel et Jean Cocteau et Colette lui rendront hommage., Il est l'auteur de la pièce de théâtre "fric frac" adaptée au cinéma avec Arletty. En 1936, vu son succès dans le théâtre de boulevard, il devient administrateur de la comédie française ou il pousse le jeune Gérard Oury tout en faisant un travail remarquable. En 40, il démissionne de ce poste avec l'arrivé de Pétain au pouvoir. Il meurt en 1945 d'une embolie.


Paul Valery(1871-1945), amant de Catherine Pozzi


Poète,philosophe et écrivain ,influencé par Gide ,auteur de cette citation célèbre après 14-18 :"Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles",Paul Valery est connu pour ses essais philosophique, sa critique de Descartes, ses cahiers qui ne sont pas s'en rappeler le journal de Catherine Pozzi et sa correspondance avec André Gide. Son œuvre est prolifique. Il fût un grand résistant, membre du front national de la résistance. Il meurt le 20 juillet 1945.


Citations de Catherine Pozzi Ă  propos de Paul Valery



attention... le journal ne se réduit pas à ce " récit d'une douleur qui m'a été pendant sept ans incompréhensible.
qui se regardait être regardé »
Les gestes de l'amour, dans mon histoire, ne furent que ceux du noyé.
Tu n'as pas eu un mot pour moi. Je vois que tu ne me vois pas […]. Je vous embrasse une fois, vite, et puis il faut descendre. Et je commence à sentir avec horreur que, vraiment, ce n'est pas de moi que vous souffrez mais de mon départ et de ce qu'il cause en vous


Samuel Pozzi(1846-1918),père de Catherine Pozzi


Père de la gynécologie moderne, il fût l’élève préféré de Paul Broca. En 1886, il devient membre de l'académie de médecine. Médecin d'Anatole France, il fut aussi le médecin d'Adrien Proust et de son fils Marcel. Il fut l'ami de l'acteur bergeracois Mounet-Sully (ils étaient tout 2 issus du milieu protestant Bergeracois influent),d’Edmond Rostand et de Clémenceaux.
Grand coureur de jupon, il eu ses mots envers sa femme surnommée "la muette de Pozzi", Je ne vous ai pas trompée, ma chère, je vous ai complétée.
Il fût conseiller général d'Issigeac et sénateur de la Dordogne. Fait grand officier de la légion d'honneur,en 1914. Il acheta le château du 11 ieme siècle de Saint George de Monclar, ou il se rendit plusieurs fois avec Sarah Bernhardt, Paul valery y séjourna aussi avec Catherine pozzy.
Il y fut président de la société de secours mutuel. Il fût aussi maire de Saint Aubin de Lanquais. Mais la vrai vie de Samuel, était dans son laboratoire. Il meurt le 13 février 1918 assassiné par un patient.
Catherine qui entretenait enfant , des relations fusionnelles avec son père, finit par prendre le partie de sa mère ,dans les disputes parentales concernant les infidélités de ce dernier , tout en méprisant la passivité de sa mère, ainsi que sa défaite intellectuelle face aux tromperies de son mari. Catherine en gardera un certain mépris pour les hommes qui se conduisent souvent mal ,tout en fustigeant la bêtise féminine.




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Un très beau site, merci Bergerac est une ville riche :)

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Merci pour ce beau partage sur Catherine Pozzi dans sa relation avec Bergerac. Encore un personnage de Bergerac méconnu!

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Merci pour vos commentaires ce site sur Catherine Pozzi est appelé à évoluer Bergerac a quelques surprises... :)

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Merci de me là faire découvrir...

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Avec Plaisir :)

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Hommage Ă  Catherine Pozzi, Bergerac
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